Agence Avec des mots pour la Région IDF

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Depuis vingt ans, Avec des mots est une agence éditoriale indépendante qui croit dur comme fer au pouvoir des mots. Elle les sélectionne, les donne à voir et à entendre, et les met en forme pour de grandes entreprises et des institutions.

Description de la mission

Me rendre sur place, rencontrer les personnes à interviewer, créer un lien de confiance immédiat avant de procéder à l’échange, puis restituer leurs propos selon l’angle imparti, respecter les contraintes de SEO le cas échéant, donner à lire des émotions et des convictions, valoriser les individus, telle a été ma mission pour cette série de reportages pour la Région IDF.

PLUME

Handicap et travail : on a testé « Les petits plats de Maurice »

À l'occasion de la Semaine européenne emploi-handicap, rencontre avec des cuisiniers en situation de handicap dans un restaurant d'insertion parisien que la Région a aidé à s'équiper pour son ouverture, en 2017.

Tous les midis, du lundi au vendredi, 14 personnes en situation de handicap cuisinent et font le service dans le restaurant « Les petits plats de Maurice ».

 

Très apprécié dans le quartier, cet établissement géré par l’ESAT (établissement et service d’aide par le travail ) de Paris 11e, a reçu une aide de 132.000 euros de la Région pour s'équiper, juste avant son ouverture, en 2017.

« Les petits plats de Maurice », un restaurant convivial à découvrir

Situé au fond d’une impasse, loin de la vie parisienne trépidante, le restaurant « Les petits plats de Maurice » a tout pour offrir un moment de répit à ceux qui franchissent sa porte. De grandes baies vitrées qui laissent entrer la lumière. Des plantes et des livres pour décorer la salle. Sans oublier de la couleur aux murs et des tableaux « qui ont été réalisés par les élèves de mon cours de dessin », annonce fièrement Évelyne, l’une des 7 personnes qui assurent le service.

Aucune cloison ne sépare la salle de la cuisine dans ce restaurant. « Un choix architectural volontaire pour que le personnel puisse voir la clientèle à tout moment et inversement », explique Isabelle Pollet-Rouyer, directrice de l’ESAT gestionnaire.

Tajine, quiches, soupes et desserts au menu

« Tajine de poisson aux légumes et céréales gourmandes », affiche l’ardoise sur laquelle Clara a écrit le menu de son écriture élégante.

 

Après avoir mené à bien sa première mission de la journée, la jeune femme s’est installée derrière la vitrine où les clients viennent passer des commandes. Au choix : quiches, soupes, desserts, yaourts bio…

Sur place ou à emporter, pas moins de 120 couverts sont dressés tous les jours.

Par moments, gérer le stock des produits en vitrine tout en préparant les commandes peut être source de stress, mais « faut que ça tourne », lance-t-elle. En tout, sur place ou à emporter, pas moins de 120 couverts sont dressés tous les jours.

Cuisiner pour s'émanciper

Parfois en salle, à d’autres moments en cuisine, chargée de débarrasser les tables ou de servir les clients, Shyrelle aime la polyvalence de son poste. Ainsi, elle « varie les plaisirs ».

Elle aussi traverse des moments de pression, mais elle a « appris à ne pas perdre [ses] moyens ». «Il faut rester positif, sinon on n’y arrivera jamais », telle est sa philosophie.

Grâce à son travail, Shyrelle peut se projeter professionnellement à long terme – elle veut poursuivre dans la restauration – et aussi personnellement – elle souhaite quitter son foyer pour s’installer dans un appartement.

En cuisine, ça ne chôme pas !

Ce matin, c’est Gilles qui a épluché et découpé les carottes. Comme tout bon cuisinier qui se respecte, il a une spécialité : les bowls avec céréales et légumes. S’il aime préparer des plats simples, Gilles caresse le rêve d’apprendre à cuisiner le cassoulet, plat compliqué s’il en est.

Un bilan très positif

« Gérer un restaurant est un projet ambitieux. Tous les jours, il faut composer avec des problèmes de maintenance, de ressources humaines car la restauration est un métier fatigant, et tout un tas d’aléas, mais voir le personnel si content d’être là compense toutes les difficultés », observe la directrice.

Un an après l’ouverture, le bilan du restaurant est très positif : le budget est à l’équilibre, la clientèle compte des habitués, et le personnel est ravi.

 

Aux côtés des 14 personnes en situation de handicap, 2 monitrices – Mounia en cuisine et Virginia en salle –jouent un rôle fondamental. Elles sont là pour former, aider et rassurer. Un chef officie également en cuisine.

 

Si chacun vient travailler avec un projet précis, qui a été décidé en fonction de son envie et des possibilités – ouvrir son propre restaurant pour Gilles, par exemple –, l’objectif final est de gagner en autonomie, de se construire une identité professionnelle, d’être en interaction et de valoriser ses compétences.

Un enseignement adapté pour des lycéens en situation de handicap​

 

L’établissement régional d’enseignement adapté (EREA) Toulouse-Lautrec, à Vaucresson,  propose du sur-mesure à ses élèves en situation de handicap : accompagnement en classe, pratique de sports adaptés, internat médicalisé, centre de soins intégré. Reportage.

Situé à Vaucresson (92), l'établissement régional d’enseignement adapté (EREA) Toulouse-Lautrec est exemplaire par tout ce qu'il a mis en place pour accueillir les élèves en situation de handicap. Il témoigne, ce faisant, d'un engagement de la Région.

Accueil des lycéens en situation de handicap : les actions de la Région

La Région s'est mobilisée pour faciliter l'accueil des lycéens en situation de handicap :

  • Elle développe un accueil personnalisé pour que tous ces élèves suivent leurs études dans un établissement à proximité de leur domicile,

  • Elle a investi près de 220.000 euros entre janvier 2016 et mai 2019, pour financer les travaux de 15 Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) accueillant 136 élèves,

  • 141 lycées font l’objet d’études ou de travaux de mise aux normes d’accessibilité (budget : 26,7 millions d’euros). En 2019, 12 lycées supplémentaires seront totalement accessibles.

  • Une formation active des agents : le personnel d’accueil des lycées bénéficie par exemple d’une journée de sensibilisation à l’accueil d’une personne en situation de handicap.

L'établissement adapté Toulouse-Lautrec facilite la vie des lycéens en situation de handicap

De l’école primaire au BTS, l’établissement régional d’enseignement adapté (EREA) Toulouse-Lautrec accueille 400 élèves, dont les deux tiers sont en situation de handicap.

« Tout est fait pour nous faciliter la vie », raconte Suranjan, élève en Terminale S. C’est une bonne façon de résumer l’état d’esprit qui anime l’EREAToulouse-Lautrec. « Chaque aménagement fait l’objet d’une réflexion minutieuse. Sans ces dispositions certains élèves ne pourraient pas être scolarisés », explique le proviseur Lionel Petit.

Sans ces dispositions certains élèves ne pourraient pas être scolarisés. 
Lionel Petit, proviseur 

Des conditions d'études particulières pour un enseignement adapté

Ici, ce sont les professeurs qui prennent des notes et qui se déplacent de salle en salle. En début d’année, un ergothérapeute configure le bureau de chaque élève avec lui : orientation et hauteur de la table, colorisation éventuelle du clavier, etc.

L’accompagnement sur mesure se poursuit durant les interros, l’élève qui en éprouve la nécessité peut être aidé par un adulte extérieur au lycée qui lui lit l’énoncé puis répond aux questions sous sa dictée (ce système fonctionne sur le principe du bénévolat).

 

Et cela marche : « En 2018, le lycée a affiché un taux de réussite au bac de 100% », énonce avec fierté le proviseur. 

Un centre de soins qui complète un enseignement adapté

Dispositif unique en France, un centre de soins est intégré à l'établissement. « Ainsi, un élève qui a besoin de se faire désencombrer les voies respiratoires ne mettra que 2 minutes pour rejoindre l’infirmerie », précise le proviseur. Sans avoir à quitter le lycée, les élèves peuvent recevoir les soins d'un spécialiste entre 2 cours : kiné, orthophoniste... et même dentiste.

 

Le soir, ils sont une centaine à rejoindre l’internat entièrement médicalisé. Chaque chambre est équipée d’un lève-malade. Une salle de bain avec douche à l’italienne et lavabo à hauteur réglable lui est attenante. « C’est l’hôpital dans le lycée », commente Christiane David, agent territorial responsable de l’entretien d’un dortoir.

Une belle place accordée au sport 

Si Suranjan a choisi de pratiquer le basket-fauteuil, ce ne sont pas les activités sportives qui manquent : tir à l’arc, foot, volley… Durant ses 2 entraînements hebdomadaires, le jeune homme utilise un fauteuil dédié, « aux roues écartées pour améliorer sa maniabilité et avec un pare-choc en métal, qui s’appelle une moustache », détaille-t-il. L’équipe du lycée compte déjà de nombreuses victoires à son actif.

Témoignage de Simon, élève valide de l'établissement depuis le collège 

« À mon arrivée, j’étais un petit peu réticent face au handicap. Mais, très vite, je me suis adapté. En cours d’EPS, nous avons été initiés au fauteuil : suivre un parcours d’obstacles, franchir des dos d’âne, slalomer… À force d’aider mes camarades, je suis devenu plus à l’aise avec le handicap. Appeler l’ascenseur, accompagner à l’infirmerie, moucher un élève sous trachéo, tout cela fait partie de mon quotidien. Aujourd’hui, j’en oublie même le fauteuil. En fait, on ne fait aucune distinction, il y a les élèves et les adaptations qui vont avec. Cette année, on va aménager un potager au sol et sur tablettes pour ceux qui ne peuvent pas se baisser. On réfléchit aussi à remplacer les pailles en plastique, indispensables à beaucoup, par des pailles en bambou moins polluantes, mais il faut qu’elles soient pliables ». 

Patrimoines en poésie : les poèmes prennent forme​

La 4e édition du concours Patrimoines en poésie, organisé par la Région à destination des enfants, s'achève le 31 décembre 2019. Rencontre avec les petits poètes de Villeneuve-la-Garenne qui ont trouvé l'inspiration à la basilique de Saint-Denis. Les premières lignes sont écrites...

Étape après étape, l’animatrice linguistique Marie-Sylvine Dechaume accompagne 7 enfants du centre social Nouveau Monde de Villeneuve-la-Garenne (92).

 

Ensemble, ils participent au jeu-concours Patrimoines en poésie, à travers lequel la Région propose aux poètes en herbe de trouver l'inspiration en contemplant les beautés du patrimoine d'Île-de-France.

 

Marie-Sylvine enseigne le français langue étrangère dans le centre et saisit toutes les opportunités de travailler la langue. Patrimoines en poésie était donc un rendez-vous incontournable. 

Toucher du doigt l'histoire de France

Jeu-concours Patrimoines en poésie 2019

Organisé par la Région et la Drac Île-de-France jusqu'au 31 décembre 2019, Patrimoines en poésie invite les 8-12 ans à raconter ou décrire leur monument préféré en poésie.

Lors des 2 précédentes éditions du concours régional, l’animatrice avait pris les chantiers navals et le parc des Chantereines de Villeneuve-la-Garenne pour sources d’inspiration. Cette année, elle a opté pour la basilique de Saint-Denis (93).

L’édifice a beau ne se trouver qu’à quelques stations de tramway du centre social, peu l'ont déjà visité. « Sortir du quotidien et permettre aux enfants d’avoir accès à des événements dont ils n’ont pas connaissance est au cœur de ma démarche », explique-t-elle. Avant de poursuivre : « En choisissant la basilique de Saint-Denis, j’ai voulu que les enfants touchent du doigt l’histoire de France. Que se matérialise tout ce qu’ils apprennent à l’école. » 

De la visite patrimoniale à l'écriture des poèmes

Après la visite de la basilique en octobre 2019, les enfants ont choisi librement ce qu’ils avaient le plus aimé comme point de départ de leur poème. Puis est venue l’heure d’écrire, en respectant la sensibilité de chacun. Car c’est avant tout un projet personnel.

Soumaya, 8 ans, a donné la parole à Henri, un bâtisseur de cathédrales.

« Moi, c’est Henri,
Henri le bâtisseur,
Le célèbre bâtisseur de cathédrales aguerri.
Mes fidèles compagnes ?
Ma corde à treize nœuds et ma canne ! […] » 

Maryame, 10 ans, a mis en scène 2 petites filles qui se cachent dans la basilique toute la nuit pour, le matin venu, observer en toute discrétion le couronnement du roi.

« […] Entre les statues
Faufilons-nous,
Montons vite 
À la haute tour,
Dans un coffre
Glissons-nous
Dans un manteau
de fleurs de lys
Nous dormirons
Toute la nuit […] »

Pour sa part, Assya, 10 ans, a décidé de s’intéresser au confort des gisants.

« Ah ! Comme le temps semble interminable
Dans ce sinistre tombeau de pierre désagréable
Ma couronne ne me tient guère chaud
Et mes pieds sont gelés comme s’ils étaient au cachot […] » 

Illustrer les poèmes

Une fois les textes quasi aboutis, c’était au tour de l’illustrateur Christophe Couchy d’intervenir. Ce dernier a dû s’adapter aux envies, aux styles et aux besoins de chaque enfant. Pour l’un, il s’agissait d’aider à esquisser un personnage, pour un autre, de créer des bulles façon bande dessinée ou encore de réaliser une enluminure.

« Favoriser la confiance en eux, dans ce qu’ils ont écrit et dessiné, c’est mon rôle, observe-t-il. 

 

Au début, la notion de jeu-concours était assez abstraite pour les enfants, mais quand ils se sont mis à écrire et à dessiner, elle leur est devenue de plus en plus concrète ».

Des enfants très motivés

Les deux animateurs ont été agréablement surpris par l’investissement des enfants, leur persévérance et par la qualité de leurs productions. Comme le constate Marie-Sylvine Dechaume, « ils se sont montrés très exigeants envers eux-mêmes, certains ont même travaillé en dehors de l’heure hebdomadaire de l’atelier ».

Grâce au travail effectué sur le vocabulaire, l’orthographe, le sens du rythme et les rimes, leur scolarité entière s’en trouve nourrie.

Ils ont compris que les mots ne sont pas anodins. » 
Marie-Sylvine Dechaume

Une des participantes espère que son poème sera récité en classe par tous ses camarades. Quelle plus belle récompense espérer ? Que l’un des enfants gagne un prix. Mais, comme l’animatrice se plaît à le répéter, le plus important c’est de participer. 

Les prix du jeu-concours seront décernés en mars 2020. En attendant, les enfants ont jusqu’au 31 décembre 2019 pour peaufiner leur création.

Virginie Manchado® 2020
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